DE SEGUIN

COMTES DE BORDEAUX ET DE SAINTES

COMTES OU DUCS DE GASCOGNE, et autres ...

d'après : L'ouvrage de Monsieur J. de Bourrousse de Laffore - Edition 1860 - Tome troisième

© SEGUIN de France - 94370 Sucy-en-Brie

Le Nobiliaire L'Origine Anecdotes de SEGUIN Les différentes branches

 

LE NOBILIAIRE DE GUIENNE ET DE GASCOGNE

Un ouvrage commencé par Monsieur O'Gilvy et continué par Monsieur J. de Bourrousse de Laffore.

Vers la moitié du XIX° siècle, Monsieur O'Gilvy, alors Directeur du Cabinet Héraldique de Bordeaux, 90 cours d'Aquitaine à Bordeaux, décide de se retirer et de donner la responsabilité de la poursuite de ses travaux sur le Nobiliaire à Monsieur de Bourrousse de Laffore. Après avoir longtemps hésité, ce dernier accepte de relever le défi pour que l'oeuvre historique de son prédécesseur ne reste inachevée.

Dans l'esprit de Monsieur de Bourrousse de Laffore, le Nobiliaire a pour but et pour résultat d'enregistrer les actions brillantes, les services glorieux de la Noblesse de Guyenne et de Gascogne, actions et services qui ont contribué à l'affranchissement du territoire, à la gloire de la France. Il retrace à nos contemporains l'histoire de leurs aïeux. Ce livre fait connaître les hommes qui ont fondé châteaux, basiliques et monastères; les chevaliers et hommes d'armes qui ont soutenu les sièges, livré les combats, affranchi le sol de notre pays; les magistrats qui ont signé des traités ...

Les textes qui suivent, sont pratiquement intégralement reproduits, à partir du Nobiliaire. L'orthographe des noms patronymiques ou de lieux ou de certaines expressions, est volontairement respectée et reproduite à l'identique dans le texte.

 

L'ORIGINE : VIII° siècle

En Aquitaine, toute la partie qui reconnaissait l'autorité franke de Charlemagne, avait été divisée en neuf diocèses militaires gouvernés par des comtes.

L'empereur envoya à Bourges, d'abord Humbert, puis Estourni (Sturnium); à Clermont, Itiers; au Puy, Boulle (Bullum); à Toulouse, Orson (Chorsonem); à Bordeaux, Seguin (Siguinium). Ce devaient être des hommes d'importance et de valeur, puisque Charlemagne leur partagea le gouvernement des Aquitains.

ARMES :

De gueules, à la grille de dix pièces d'or, ou grillé de dix pièces d'or; à l'écusson d'argent posé en abyme, au chevron d'azur, accompagné de trois coquilles aussi d'azur. Couronne de comte.

 

LES PREMIERS SEGUIN :

L'empereur Charlemagne établit dans cette province, le premier Seguin mentionné dans l'histoire. Il le nomma "comte de Bordeaux" et lui donna une puissance presque souveraine. Il le fit même comte ou duc des Gascons Navarrais, d'après le savant historien Oïhénart.

Seguin II fut comte de Bordeaux et de Saintes et duc des Gascons sous Louis le Débonnaire et Charles le Chauve. Depuis ces époques reculées, la famille de Seguin a toujours habité la Guyenne. Dès le départ, on la trouve établie, à La Réole (autrefois Squirs), où elle a possédé sans interruption des maisons, des terres, des fiefs, depuis le vicomte Seguin, vivant en 977, jusqu'à nos jours.

Sigwin : Le nom de Seguin ou Sigwin, comme on l'écrivait sous Charlemagne et ses successeurs immédiats, vient de deux mots de la langue tudesque ou germanique : Sig, victoire; Win, gagner, et signifie gagner la victoire ou le Victorieux. Le mot sig se trouve dans la composition de plusieurs noms allemands, tels que Sigmaringen, etc.; et le verbe to win en anglais veut encore dire gagner.

 

SEGUIN 1er, COMTE DE BORDEAUX

Seguin 1er fut établi comte de Bordeaux par Charlemagne en 778. Il semble qu'il était aussi comte de la comté des Gascons Navarrais, de laquelle il fut dépossédé en 816, durant la période où Louis le Débonnaire donna le royaume d'Aquitaine à son fils Pépin.

On lui attribut la première fondation de l'abbaye d'Eysses. Ce grand seigneur lui aurait conféré plusieurs fiefs nobles, places et revenus; entre autres, le territoire de Gajac, s'étendant sur les deux rives du Lot, et la seigneurie d'Eysses, comprenant cinq ou six paroisses et quelques places fortes et châteaux, avec l'hommage que lui faisaient les baronnies de Pujols et de Monségur.

L'auteur de la vie de Louis le Pieux (le Débonnaire) nous apprend que les Gascons Pyrénéens ou Basques se révoltèrent en 816 et soutinrent deux guerres, parce que l'empereur Louis le Débonnaire avait révoqué Seguin, leur comte, très probablement parce qu'il avait épousé les intérêts des populations qu'il gouvernait, et luttait contre la domination franke.

 

SEGUIN II

Les basques, privés de leur chef Seguin, se seraient empressés de mettre à leur tête le gars Seguin, c'est-à-dire Seguin le fils, qui, plus jeune et plus entreprenant, pouvait les aider à conserver leur indépendance. Seguin II, fut élu duc des Gascons en 816.

Comte de Bordeaux et de Saintes, et duc des Gascons, il commandait à Bordeaux, à Saintes et à toute la Novempopulanie. En l'an 846, les Normands, étaient attendus. En mettant le pied sur la terre bordelaise, ils trouvèrent devant eux Sigwin et ses milices; mais cette levée en masse, inhabile au maniement des armes, ne put tenir contre les envahisseurs farouches, plus fermes, plus aguerris. Les Normands les mirent en fuite à coup de haches, prirent et massacrèrent Sigwin sur place, et emportèrent Saintes d'assaut.

 

ANECDOTES DE SEGUIN :

SEGUIN 1er faisait battre monnaie d'or de la grandeur d'une pite à Bordeaux : d'un côté, était gravée une tête avec cette légende : COMES SEGUINUS, et au revers, une croix pattée avec l'inscription suivante : MONETA BURDEG.

SEGUIN est nommé avec la qualité d'évêque dans une charte de l'an 970, par laquelle Othon Falta, comte de Fezensac, donnes les églises de Saint-Jean et de Saint-Martin de Berdale aux chanoines d'Auch.

Le vicomte SEGUIN comparait avec cette qualité de Vicomte, si rare et si élevée au X° siècle, dans la donation du monastère de Squirs (La Réole), faite en 977 par Gombaud, évêque et duc de toute la province de Gascogne, et par Guillaume Garcie, son frère, duc de Gascogne, en faveur de l'abbaye de Fleury-sur-Loire. Cette charte est signée par les seigneurs suivants : Gombaud, évêque et duc de Gascogne; Guillaume Sanche, son frère, aussi duc de Gascogne; Sanche, leur neveu, Rodgarii judicis; Utzan Amanieu, le vicomte Seguin, le Vicomte Arcolidat, et Arnaud Amanieu.

Les SEGUIN étaient revêtus, au VIII° et au IX° siècles, de la dignité comtale et ducale, de la puissance souveraine et des droits régaliens dans les provinces de Bordeaux, de Saintonge et de Gascogne, et par suite, les plus puissants princes de France après l'empereur. Nous les trouvons au X° siècle, toujours en Guienne, avec la qualité de vicomtes (qui n'était guère accordée à cette époque qu'aux descendants de race souveraine), définitivement fixés le long de la Garonne et particulièrement à La Réole, où ils souscrivent les chartes données par les Ducs de Gascogne. Aux XIII° et XIV° siècles, ils sont au nombre des premiers barons de Guienne, ayant leurs fiefs et leur château à La Réole, Rions-sur-Garonne, La Roque, Escoussans, La Daux, et autres dans la Bénauge, et sur la rive gauche de la Garonne à Castets-en-Dorthe, Bommes, Illats, Barsac, Cérons, Podensac, Virelade, etc. Ils reçoivent, entre autres récompenses de leurs services envers les rois d'Angleterre, ducs de Guienne, le droit de bladaria ou droit de redevance à prélever sur les blés du marché de La Réole. --- Les descendants des ducs héréditaires de Gascogne, de race mérovingienne, prirent, après avoir perdu le duché, le titre de vicomtes de Gascogne, puis de vicomtes de Lomagne, et devinrent plus tard des barons et de simples seigneurs. Les descendants des Seguin, comtes non héréditares de Bordeaux, de Saintes et de Gascogne, suivirent la même marche, à peu près à la même époque. Ils se bornèrent, au X° siècle, au titre de vicomte; à celui de baron ou de seigneur aux XI°, XII°, XII° et XIV° siècles, et furent enfin de simples gentilshommes quand la fortune leur devint contraire, après leur avoir été si favorable pendant six ou sept cents ans.

L'église Saint-Pierre de PUY-SEGUIN et le château de Puy-Seguin ont incontestablement été fondés par cette famille, la seule de ce nom qui dans ce pays fût puissante au moyen âge. L'église, bâtie dans le style roman, est très ancienne. Les arcs doubleaux de l'extrémité occidentale de sa voûte furent recouverts de nervures ogivales au XIII° siècle. Le château qui fut assiégé en 1576 par le Vicomte de Turenne, offre des ruines considérables. Puy-Seguin était une châtellenie : Gaillard de Malangin bâtit en 1330, en vertu d'un pouvoir accordé par Edouard III, roi d'Angleterre, le château de Malengin dans le territoire de la châtellenie de Puy-Seguin

D'un autre côté, la ville de La Réole, patrie adoptive et principale résidence de la famille de SEGUIN depuis l'origine, avait au moyen âge, et durant les derniers siècles, la rue de Pey-Seguin habitée par des membres de cette famille. Leur demeure était une construction féodale bâtie de 1180 à 1220, sur le point culminant de La Réole, et occupant tout l'espace circonscrit par les rues Pey-Seguin, Branda et la Grand'Rue. Pierre de Seguin habitait la rue de Pey-Seguin en 1338, puis ce fut au tour de Hélie II de Seguin en 1349. Le mot Podium, employé dans la basse latinité pour signifier hauteur, élévation, mont, est traduit indifféremment en langue gasconne par Puch, Pech, Puy ou Pey, qui ne sont que des variantes du même mot. Puy-Seguin, Pey-Seguin, sont deux manières différentes de prononcer le même mot, qui signifie Mont-Seguin. Aussi parait-il vraisemblable que les Seguin, seigneurs puissants du X° au XIV° siècle, firent donner à la rue qu'ils habitaient à La Réole le nom du château de Puy-Seguin, qu'ils avaient fondé. Quand une grande famille seigneuriale, une église, un château et une rue portent au moyen âge le même nom, à la même époque et dans le même pays, on est autorisé à croire que les seigneurs ont donné leur nom à l'église, au château et à la rue, si la famille est la seule importante de ce nom dans le province.

Un SEGUIN fut le dix-neuvième archevêque de Bordeaux et vivait l'an 1010 (Calendrier ecclésiastique de Bordeaux, 1846).

Les SEGUIN sont qualifiés hommes riches (Seguini viri divites) à propos d'un acte par lequel Hugues, abbé de Condom, fils de Gombaud, achète l'église de Saint-Pierre Senagorensis, qu'Amanieu d'Albret avait payée aux Seguin de La Réole deux chevaux de grands prix et 20 sous.

SEGUIN, abbé de Condom, rachète pour son abbaye, au prix de 1,000 sous, à Guillaume Astanove, comte de Fezensac, la terre de Cauzac, qui avait autrefois appartenu au duc de Gombaud, puis à Hugues, abbé de Condom, fils de ce dernier, et que Sanche Garcie vendit plus tard à Aymerie, père de Guillaume Astanove. Cette charte est de l'an 1060 environ. Au nom de la même abbaye, Seguin reçut du même comte, vers la même date, la terre de La Cassagne, en échange de deux chevaux d'un grand prix.

 

 

LES DIFFERENTES BRANCHES DE SEGUIN

EN GUIENNE ET GASCOGNE

du VIII° siècle au XIX° siècle

       
Escoussans Estang et Estampes La Réole Rions
 

 

Cette notice généalogique est tirée du remarquable ouvrage : LE NOBILIAIRE DE GUIENNE ET DE GASCOGNE
de Monsieur J. de Bourrousse de Laffore - Edition 1860 - Tome troisième

Le texte qui précède, est pratiquement intégralement reproduit, à partir du Nobiliaire.
L'orthographe des noms patronymiques, de lieux ou de certaines expressions, est volontairement respectée et reproduite à l'identique dans le texte.

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